Le travail des enfants

Le secteur agricole
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L’agriculture est le secteur qui emploie le plus d’enfants dans le monde. Le problème ne se limite pas, comme on voudrait bien le croire, aux pays en voie de développement.

Environ 70% des enfants travailleurs sont employé dans le secteur agricole, soit 132 millions d’enfants âgés de moins de 15 ans.

Par travail agricole l’UNICEF définit les domaines suivants: exploitation de la terre, la pêche et l’aquiculture, l’exploitation des forêts et l’élevage de bétail. Les enfants travaillent autant dans les exploitations familiales, qui pratiquent l’agriculture de subsistance, que dans le secteur de l’agriculture commerciale, où les enfants sont employés dans de vastes exploitations appartenant à de puissants groupes agricoles alimentaires.

En Égypte, dans les champs de jasmin, on préfère employer les enfants lors de la récolte, qui se fait souvent la nuit. Ils ont entre 6 et 13 ans, cueillent le jasmin 10 heures d’affilé, sans pause ni repas .

En Ouzbékistan, durant la récolte du coton, le gouvernement central a mit en place un système infaillible afin de se procurer la main d’oeuvre nécessaire. Tous les enfants du pays sont mis à contribution. On ferme les écoles et les professeurs s’assurent que chacun de ses élèves est aux champs pendant les heures de travail recquises.

Pour plus d’infos, Rapport du Centre de Grenoble d’études en géopolitique et gouvernance »»»

Le taux de mortalité des enfants travailleurs agricoles est le deuxième plus élevé parmi les enfants travailleurs, soit de 16.8 pour 100.000 (OIT, rapport de 2011). À titre d’exemple, quarante et un enfants sont morts entre 2004 et 2008 suite à un accident de travail agricole… aux États-Unis!

Plus d’infos: Récolte Amère du BIT, dernière mise à jour en 2002 »»»

Le secteur industriel

On trouve de nombreux enfants dans toutes les industries dites extractives, comme dans les mines de charbon, d’étain, de cuivre, d’or et de diamants, mais aussi dans les carrières de sable, de gravier, d’ardoise et de sel. À l’heure actuelle, l’OIT estime qu’il existe un million d’enfants mineurs à temps plein en Afrique, en Asie et en Amérique Latine.

Ces enfants travaillent à moitié nus, sans l’équipement nécessaire à leur protection. Ils travaillent 8 à 10 heures par jour, et remplissent des sacs plus lourds qu’eux. Ils s’enfoncent à plusieurs centaines de mètres sous terre, et manient la pelle et la pioche à la lueur, souvent, d’une simple bougie. Ils ne sont pas à l’abri de violences sociales, physiques et même sexuelles. À titre d’exemple, dans la région minière de Mirerarie, en Tanzanie, 85 filles minières sur 130 avouaient être forcées à se prostituer.

Il est de loin le secteur le plus dangereux pour les enfants en termes de mortalité. L’OIT révèle dans son rapport de 2011, que le taux de mortalité des enfants miniers est de 32 pour 100.000 chez les jeunes âgés de 5 à 17 ans engagés à temps plein. S’ils échappent à la mort, ces enfants vivent dans des conditions de travail et de vie qui influenceront irrémédiablement leur développement et leur vie future. Ils ne sont pas à l’abri de contaminations chimiques (par le mercure, le plomb etc…) d’accidents de travail, d’éboulements, de maladies, ou malformations.

Aux Philippines, d’après l’OIT en 2009, 18.000 garçons et filles travaillent dans les mines et carrières de pierres, la moitié étant âgée entre 10 et 14 ans.

Au Madagascar, l’OIT rapporte en 2002 que 53% des enfants mineurs ont 12 ans, voir moins. Au Sierra Léone les enfants mineurs, travaillant dans des conditions d’esclavage et menaçant gravement leur santé, seraient plusieurs milliers à Koidu Town et Kono, âgés entre 7 et 17 ans (BIT, 2006).

L’extraction engendre également un travail de sous-traitance qui utilise grandement les enfants: la taille des pierres précieuses. Pour la seule taille des diamants, les ateliers de Joipur et Surot emploient 65.000 enfants qui taillent et polissent 65 % des diamants du monde entier. Ils travaillent souvent 100 heures par semaine, vivant et dormant sur leur lieu de travail.

Au travers d’un reportage photo, «Minor Miners», découverte du quotidien des enfants indiens travaillant dans les mines de charbon à ciel ouvert, dans les États de Jharkhand, Meghalaya, au nord-est et à l’est du pays »»»

 

L’industrie du tapis

Pour justifier l’exploitation des enfants dans l’industrie du tapis, les employeurs prétendent que seuls les doigts fins des enfants peuvent manipuler adroitement les brins de laine, les passer dans le métier, les couper, et les nouer rapidement.

Certains pays, comme le Maroc, la Turquie, l’Inde, le Népal, la Chine, le Pakistan, l’Afghanistan et l’Iran se signalent plus que d’autres par le nombre d’enfants employés dans cette industrie, et par les conditions extrêmes qui caractérisent le travail de ces enfants. Pour la seule région de Carpet Belt de l’État Indien Uttar Pradesh, on compte entre 300.000 et 500.000 enfants employés dans le secteur du tapis.

En Inde, au Pakistan ou au Népal, les enfants des usines de tapis travaillent parfois jusqu’à 20 heures par jour, 7 jours par semaine. Souvent, ils dorment, mangent et travaillent dans une seule petite chambre obscure. Ils travaillent dans des postures inconfortables, dans la poussière, et souffrent fréquemment de problèmes respiratoires et oculaires ou de déformations de la colonne vertébrale.

Les métiers de la rue

La rue offre une partie visible non négligeable de la force totale du travail délivré par les enfants. Si la proportion d’enfants des rues varie grandement selon les pays, les provinces ou même les villes, les petits métiers exercés sont partout les mêmes, sur tous les continents. Les enfants de la rue sont porteurs, livreurs, gardiens ou laveurs de voitures, cireurs de chaussures ou crieurs de journaux.

Selon les observations recueillies par l’Unicef et le BIT, les enfants de rue travaillent entre 6 et 14 heures par jour, 7 jours sur 7.

Dans de nombreux pays d’Afrique (Sénégal, Burkina Fasso, Guinée-Bissau, Niger, Togo etc…) bon nombre des garçons des rues sont victimes de mendicité forcée, sous la houlette d’un Marabout. Les Marabouts recrutent les garçons dans les campagnes reculées en trompant les parents, promettant d’apporter à leur fils une éducation religieuse dans l’École coranique. Ces Écoles n’existant pas, les enfants sont obligés une fois arrivés en ville et loin de leur parents, d’obéir aux ordres du Marabout. Ce dernier les force à travailler, dans divers secteurs économiques, la mendicité étant l’activité la plus courante.(Rapport sur le trafic humain mondial 2011-2012, rédigé par le Département d’État des États-Unis).

Le secteur mécanique

Les enfants sont omniprésents dans toutes les branches du secteur mécanique, malgré le haut niveau de difficulté et de danger de la plupart de ces métiers. On voit dans toutes les villes des pays en voie de développement de petits garagistes, de petits serruriers, des enfants ouvriers métallurgistes et des casseurs de pierres.

Ces enfants travaillent sous couvert d’un apprentissage qui peut durer des années, et assurent parfois les tâches les plus ingrates et les plus dures. Ils travaillent avec des moyens techniques rudimentaires et dans des conditions de sécurité totalement inexistantes. Les jeunes des économies développées ne sont pas épargnés à ces conditions de travail dangereuses et difficiles. D’après une étude réalisée en 2003 (OIT, 2011) le taux de mortalité des jeunes américains de 19 ans ou moins travaillant dans la construction était de 12.01 pour 100.000.

Des millions d’enfants, partout dans le monde, participent, souvent très jeunes, à la construction d’immeubles, de barrages et de routes. Ces activités sont pourtant considérées par l’Unicef ou l’Organisation internationale du travail comme étant des activités parmi «les plus pénibles, les plus fatigantes et les plus dangereuses qui soient». Les tâches courantes des enfants consistent à creuser la terre, porter le sable et le ciment ou encore tordre et couper les rondins d’acier nécessaires aux structures de béton armé.

Les enfants népalais travaillant dans la construction transportent des charges pesant jusqu’à 49 kilos, à l’origine de problèmes osseux, musculaires et d’articulation (OIT).

Dans les seules carrières de briqueterie et les chantiers de construction indiens, on compte environ 3 millions d’enfants travailleurs. Quelques millions d’autres enfants travaillent dans le secteur mécanique dans le reste de l’Asie, mais aussi en Afrique de l’Est et en Amérique Latine.

Les verreries

Dans les verreries indiennes, le quart de la main-d’ œuvre, soit 50.000 employés, ont moins de 14 ans, selon les chiffres publiés par UNICEF France en 2003. Selon une étude de Bureau international du travail, ils s’activent dans des ateliers mal éclairés, mal aérés, où la température ambiante dépasse souvent 40 à 45 degrés. Selon le BIT, lorsque survient un accident mortel, il arrive que l’on jette le corps de l’enfant dans le fourneau pour le faire disparaître.

 

L’industrie chimique

Cette branche d’activités emploie un nombre considérable d’enfants, surtout en Asie. Elle est l’une des plus dangereuses sur le plan physique et psychologique. Elle regroupe la fabrication de pesticides, de teintures, de produits à base d’encens, des explosifs, des munitions, des feux d’artifices et des allumettes.

Dans le secteur de la fabrication des allumettes, les ouvriers ont rarement plus de 10 ou 11 ans. Tous, après quelques années de travail, ont les poumons consumés, les os déformés et les muscles atrophiés.

Les fabriques de pétards sont plus dangereuses encore, car s’y ajoutent les fréquents risques d’explosion qui brûlent ou qui blessent mortellement. Dans cette industrie, on commence également à travailler très jeune, dès l’âge de 5 ou 6 ans, 9 à 10 heures par jour. On y compte plus de 45.000 enfants travailleurs en Inde, d’après les chiffres publiés par l’UNICEF en 2003.

Mêmes conditions d’esclavagisme dans l’industrie des cigarettes connues en Inde sous le nom de «beedis». Dans ce secteur, comme dans celui des allumettes et du tapis, la majorité des petits ouvriers travaillent gratuitement, liés par la servitude pour dettes.

Le travail des enfants dans les tanneries les expose à de nombreux risques entravant leur croissance et leur santé. L’OIT, dans son rapport de 2011 sur les travaux dangereux des enfants, rapporte une étude faite en 2007 sur ces enfants. L’étude met en garde contre un risque plus élevé chez cette population de développer un cancer du nez ou des sinus.

La pêche

La pêche et les industries qui s’y rattachent emploient des enfants en grand nombre, dans des conditions souvent révoltantes.

Dans le secteur de la pêche hauturière, une technique répandue en Asie consiste à faire plonger des enfants en apnée, sans équipement, à des profondeurs qui vont jusqu’à 100 pieds, afin de pousser les bancs de poissons vers les filets. La majorité des plongeurs ont entre 12 et 17 ans, et certains à peine 10 ans. Chaque année, des dizaines de ces plongeurs sont blessés, tués ou attaqués par des poissons prédateurs. Beaucoup meurent noyés, ou victimes de rupture du tympan.

La pêche est le troisième secteur d’activité le plus meurtrier pour les enfants travailleurs avec un taux de mortalité de 15 pour 100.000.

Face à tout événement ils sont biens plus démunis que les adultes. En juillet 2012, pris dans une tempête, 3 enfants cambodgiens âgés de 3 à 5 ans meurent en partant à la pêche hauturière dans le lac Tonle Sap, tandis que les sept autres passagers, adultes, ont survécu.